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Restons objectifs, la photo numérique s’impose

Après une décennie d’évolution laborieuse, la photographie numérique est aujourd’hui devenue une réalité incontournable de tous les instants et de tous les lieux. Elle accompagne le téléphone, elle est véhiculée par l’internet et on la rencontre du désert aux chaînes de montage.

Cette mutation de la photographie argentique à la photographie numérique a été favorisée par les liens étroits qui unissent cette dernière à l’informatique et par la convergence des techniques numériques. Les nouvelles générations de téléphonie cellulaire – les 3,5 G et 4 G – ne vont-elles pas faire la part belle à l’image numérique?
Par ailleurs, la photographie numérique a connu des baisses de prix successives et importantes. Rappelons ici que Canon a été le premier constructeur à faire descendre le prix du reflex numérique optique à objectif interchangeable sous la barre des 1.000 €, favorisant ainsi la démocratisation de l’image numérique haut de gamme. De nos jours, la photographie numérique est arrivée aux mêmes performances que sa consoeur argentique. Et a suscité de nouvelles applications, impensables il y a dix ans à peine.

Les secteurs professionnels ne sont pas demeurés en reste non plus. Le reportage, la publicité, la mode, l’industrie, les applications scientifiques ne peuvent plus se passer de la photographie numérique. Quand on pense que grâce à l’association de l’image numérisée et des télécommunications, sous la forme actuelle de Wifi, il est possible de juger et de modifier une image en cours de prise de vue à l’autre bout de la planète, on mesure la distance parcourue la photographie numérique depuis l’ère de l’argentique. L’offre étant devenue pléthorique, il était devenu indispensable de faire le point.

De l’analogique au numérique

Les impressions visuelles que nous recevons du monde extérieur sont analogiques. Cela veut dire que les impulsions visuelles, captées par nos yeux et interprétées par notre cerveau, sont proportionnelles aux variations continues des luminosités (on dit, de luminances) et des couleurs de la scène que nous regardons.

En photographie analogique, la pellicule sensible assure de concert trois fonctions différentes: l’enregistrement simultané de l’ensemble de l’image de la scène, sa mise en mémoire puis son archivage définitif.
Lorsque cette pellicule a été développée puis imprimée sur papier, l’image est toujours analogique. C’est-à-dire que ses variations de densités et de couleurs sont continues et proportionnelles aux luminances et aux couleurs de la scène originelle.

En technique numérique, ces modulations continues de luminances et de couleurs de la scène sont – après leur capture par le capteur ou senseur sous la forme de charges électriques – converties en données numériques binaires par le processus de la numérisation. Ce sont les fameux 0 et 1 du système binaire. Que deviennent ces derniers? Ils sont envoyés dans le processeur du photoscope ou appareil photo numérique (APN). La qualité du logiciel de ce processeur est déterminante pour la qualité finale de l’image numérique. Ce qui explique pourquoi un APN doté d’un capteur de 5 millions de pixels (5 Mpxls) peut délivrer une image de qualité inférieure à celle d’un APN 3 Mpxls. La course aux mégapixels prend ici tout son sens stérile.

Le capteur

Le capteur ou senseur d’un appareil photo numérique constitue toutefois l’un des éléments clés du système. On les classe en fonction du nombre de pixels qui les composent. Plus ce nombre est élevé, plus la photo sera détaillée et potentiellement imprimable sur une plus grande surface. Un pixel est la traduction de pixel element ou un point d’ image, un peu comme sur une photo du journal. En y regardant de plus près, celle-ci est constituée de petits points. Un capteur comporte un très grand nombre de photosites, c’est-à-dire de cellules sensibles à la lumière. Elles ont été baptisées «pixels».
Dans le secteur de la photo amateur, il existe aujourd’hui des capteurs allant de 300.000 à 10 millions de pixels.
Les appareils des générations actuelles comportent de 5 à 8 millions de pixels. On dit de 5 à 8 Mpxls. Ces photoscopes permettent d’imprimer des photos aux formats 10 × 15 cm et même 24 × 30 cm, dans une qualité très satisfaisante. Le nombre de pixels que compte un capteur ne constitue pas un gage de qualité pour autant.
La taille du capteur est au moins aussi importante. Mieux vaut un capteur 5 Mpxls de grande dimension qu’un 8 Mpxls de petite dimension. Cette spécification est très rarement annoncée dans les catalogues. On y rencontre parfois la notion de 1/p, où «p» est exprimé en pouce. Plus ce nombre «p» est petit, plus le capteur est grand.
Il fournira d’autant mieux des images «propres» et sans parasites.
Outre les capteurs de type CCD et CMOS, vous rencontrerez parfois le Super-CCD. C’est un capteur où les pixels ont été dédoublés. Chacun comprend un photosite de haute sensibilité et un autre de basse sensibilité. Ce qui permet un plus grand nombre de nuances dans les couleurs et dans les parties sombres de la scène.
Rappelons enfin l’importance capitale du processeur. Il traduit les impulsions électriques, provenant du capteur, et traite les 0 et les 1. Si ce traitement n’est pas optimal, il s’en suivra des détériorations de l’image.

Autres constituants d’un photoscope

Si le capteur et le processeur forment le coeur de tout appareil photo numérique, un photoscope est encore constitué d’autres éléments.

L’objectif

Il y a bien sûr l’objectif, généralement fixe, sauf pour les reflex à objectif interchangeable. La grande majorité des photoscopes est équipée d’un zoom, c’est-à-dire d’un objectif offrant différentes focales.
Les longueurs focales sont en général définies par leur rapport de grossissement – un zoom 3 fois, par exemple – et leur équivalent en 24 × 36 mm, 35-105 mm, par exemple.
On trouve toutefois des zooms de plus grande amplitude, 10 fois par exemple. Ils sont très prisés pour photographier les animaux ou prendre des instantanés spontanés d’enfants situés à une certaine distance du photographe. Il ne faut toutefois pas perdre de vue, qu’à de telles focales (on parle de 350 mm), il est très difficile de photographier sans bouger.

Pour compenser les légers mouvements de la main, amplifiés 10 fois, les constructeurs ont imaginé le stabilisateur d’image. Il vaut mieux faire confiance à la version optique du dispositif, car le stabilisateur électronique entraîne une perte de qualité de l’image.
Notez aussi que rares sont les photoscopes dont le zoom démarre réellement au grand-angle, c’est-à-dire au 28 mm pour reprendre l’équivalence du 24 × 36.
Soulignons enfin que la notion de focale, en photographie numérique, est liée aux dimensions du capteur, qui varient d’un modèle à l’autre. Raison pour laquelle – selon le modèle de photoscope et du capteur qu’il comporte – il vous faudra multiplier la focale annoncée sur l’objectif par 2 ou encore par 2,3 pour obtenir l’équivalence réelle en 24 × 36.

Le moniteur

Généralement appelé «écran LCD» parce qu’il est constitué de cristaux liquides, le moniteur où apparaissent les images est situé à l’arrière du boîtier. Plus il est grand, meilleure sera la perception de l’image. La tendance actuelle arrive à des moniteurs de 3 pouces de diagonale, soit 7 cm environ.
Le moniteur peut être orientable afin de pouvoir prendre des photos au ras du sol ou par-dessus la tête de spectateurs. Le moniteur LCD remplit trois fonctions principales : afficher la scène avant la prise de vue, reproduire l’image enregistrée par le photoscope et visualiser les menus.

Certains modèles de moniteurs affichent de surcroît des cadres-guides-pour réaliser des images parfaitement équilibrées- ainsi que les paramètres importants de l’image mémorisée.
Retenons aussi que le moniteur des photoscopes compacts remplace aujourd’hui le viseur de l’appareil argentique. Il est donc indispensable lors de la prise de vue. Bien que les constructeurs aient accompli de grands progrès en matière de consommation électrique, le moniteur sollicite toujours un peu plus la batterie.
Les moniteurs de bonne qualité sont dotés de verre antireflet, ainsi que d’un réglage de luminosité, accessible par le menu.
Veillez aussi à ce que le moniteur du photoscope de votre choix soit doté d’une grande réactivité. Ce qui évitera que l’image ne se brouille lorsque vous changez de cadrage.

Le viseur

S’il a disparu de la plupart des photoscopes compacts, le viseur est toujours présent sur les boîtiers «bridge» (voir l’encadré) et sur les reflex à objectif interchangeable.
Sur le premier type d’appareil, le viseur sera de type électronique. Il s’agit en réalité d’un minuscule panneau LCD, qui reproduit l’image comme le fait le moniteur.
Son avantage est d’offrir la composition de l’image en plein soleil, situation que domine rarement le moniteur LCD. Le viseur électronique n’est généralement pas très précis et, surtout, sa résolution est assez grossière. Il est parfois difficile d’y apprécier les détails, particulièrement en basse lumière. Les reflex numériques à objectif interchangeable sont dotés d’un viseur optique. L’image, captée par l’objectif, y est envoyée par le truchement d’un miroir rabattable et d’un prisme. C’est le meilleur des viseurs, qui procure une image exacte de la scène qui sera enregistrée et une image détaillée et claire.

Les commandes

Cela n’a l’air de rien, mais leur disposition sur le boîtier revêt une importance certaine. Tombent-elles aisément sous les doigts? Ne sont-elles pas trop lâches au point d’enclencher involontairement une fonction? Il est aussi important de savoir s’il faut passer souvent par les menus pour activer des fonctions. L’idéal est de pouvoir accéder directement – par le truchement d’une touche ou d’une molette dédiée – aux fonctions les plus souvent utilisées telle la correction d’exposition.

La grande majorité des photoscopes sont équipés d’une molette qui donne un accès direct aux modes de prise de vue – photo ou vidéo – à la lecture des images mémorisées et aux modes d’exposition.
Parmi ceux-ci, les modes «scene» sont bien pratiques. Leur liste est parfois longue: nous connaissons des appareils numériques qui en comportent 23 ! Ces modes sont utiles dans la mesure où ils règlent automatiquement les paramètres d’exposition en fonction d’un sujet donné, par exemple «coucher de soleil», «feu d’artifice» ou encore «musée» et «bébé».

La batterie

Certains modèles d’APN fonctionnent grâce à des batteries spéciales, d’autres avec de simples piles (format AA ou LR6). Les batteries spéciales procurent une plus grande autonomie, mais obligent à ne pas pouvoir se servir de l’appareil durant leur recharge, à moins de disposer de plusieurs batteries.

Les modèles fonctionnant sur piles présentent souvent une autonomie inférieure, mais il est beaucoup moins coûteux d’acquérir plusieurs jeux de piles à l’avance. De plus, la disponibilité des piles AA à travers le monde est plus grande.

L’enregistrement

Les images numériques sont consignées dans la mémoire interne de l’appareil ou sur une carte-mémoire. Pour éviter qu’elles ne prennent trop de place – la capacité des mémoires est limitée – les constructeurs ont imaginé plusieurs formats de stockage, selon que l’utilisateur privilégie la qualité ou la quantité.
Certains formats – JPEG étant le plus commun – compressent le poids de l’image en mémoire. Cependant, cette compression s’accompagne d’une baisse de qualité. Pour les faibles taux de compression, elle passe inaperçue. Il n’en va pas de même lorsque vous sélectionnez des taux de compression élevés (généralement baptisés «standard» par les constructeurs). Selon l’usage de l’appareil, il peut être utile de se tourner vers un appareil proposant des formats d’enregistrements compressés ET non compressés (RAW ou TIFF non compressé). Le deuxième point à surveiller est le fait que, suivant la résolution que vous avez choisie, et le format d’enregistrement, une image peut faire quelques centaines d’octets jusqu’à plusieurs mégaoctets (ou Mo).

Les mémoires

Les photos sont donc stockées sur des cartes mémoires. Il en existe plusieurs formats. Il est donc important de savoir quel est celui utilisé par l’appareil de votre choix. Parmi les plus courants, on peut citer la Compact Flash (CF), la Secure Digital (SD Card), la Memory Stick (MS), et la xD Card (xD).

La plupart de ces cartes sont déclinées en plusieurs versions, selon leur débit d’écriture ou leurs dimensions.
Les APN s’en tiennent en général à un seul type de carte, parfois deux. Le prix des cartes est en constante diminution dans le même temps que les types de cartes présentent des prix différents.
Les cartes existent dans différentes capacités, exprimées en mégaoctets (Mo) et, de plus en plus, en gigaoctets (Go). Le maximum actuel est de 4 Go, les 8 Go devant être atteints fin 2007 tandis que les 16 et 32 Go sont programmés pour 2008.
De moins en moins d’APN sont livrés avec une carte-mémoire. Même s’ils le sont, celles-ci sont de faible capacité. Avec l’inflation des mégapixels, elles ne peuvent parfois contenir qu’une seule image. Nous vous conseillons donc d’investir dans une carte de capacité utile, soit 512 Mo, mieux 1 Go. Leur coût s’additionne donc à celui du photoscope… Les détaillants proposent parfois des kits comprenant l’appareil, une ou deux optiques et/ou une carte. Assurez-vous qu’il s’agit d’une carte-mémoire de marque établie. D’autres peuvent présenter des débits de transfert trop lents.

Temps de latence

Même si cet inconvénient se réduit au fil des nouvelles générations d’APN, ces derniers présentent la fâcheuse tendance à mettre quelques dixièmes de seconde avant de pouvoir prendre une photo.
Si ce délai n’est pas trop gênant lors de photo de famille ou pour des paysages, il peut faire rater des instantanés sportifs ou des photos d’enfant. Il importe donc de savoir le nombre d’images que peut prendre l’appareil en une seconde. Certains APN – le plus souvent des bridges ou des reflex (voir les encadrés qui leur sont consacrés) – disposent d’un mode rafale, qui permet de prendre des images en une succession rapide, le temps que leur mémoire interne ou tampon ne soit pleine.

La connectique

Grâce aux progrès réalisés en matière de connectique, les transferts du photoscope vers l’ordinateur sont de plus en plus rapides (USB 2.0 High Speed) et accélèrent donc le processus d’impression ou d’archivage. Mais beaucoup d’appareils vont aujourd’hui plus loin en proposant la compatibilité PictBridge. Il s’agit d’un protocole qui permet à l’APN de communiquer avec les imprimantes sans passer par l’ordinateur.L’impression de photos est alors simplifiée, en supprimant l’étape «informatique». Mieux encore, certains appareils – même compacts – gèrent maintenant les liaisons sans fil. La plus souvent utilisée est la liaison Wifi, qui permet de connecter sans fil les photoscopes à des imprimantes ou à des ordinateurs. Il devient ainsi possible d’évaluer une image à distance, avant qu’elle ne soit prise. Bluetooth représente une autre liaison sans fil, dont l’usage est surtout prisé entre un phototéléphone et une imprimante.