Les haut-parleurs

Un role essentiel dans la restitution sonore

Elle porte bien son nom! Enceinte, elle l’est assurément: elle doit accoucher de son bébé et… l’affaire est grave, c’est de votre réalité sonore qu’il s’agit. L’enceinte? Mais il fut un temps où elle était adulée, dans les années 70 et 80 on ne parlait que d’elle. C’en est bien fini mais… il faut que ça change! En Hi-Fi, en «home cinéma» aussi, l’équation est simple: peu importe ce qui se passe en amont, c’est de l’enceinte que naîtra l’émotion. En d’autres termes, c’est elle qui va transformer l’électronique, le numérique, les artifices des sources et des amplifications, en faisant vibrer l’air ambiant et ce sont ces ondes-là (et rien d’autre) qui vous atteindront.

Un maillon tout sauf «passif»

L’enceinte joue un rôle essentiel dans la restitution sonore. Peu d’amateurs s’en rendent compte et il faut bien, hélas, constater, qu’elle constitue souvent le cadet des soucis. Paradoxalement, on investit plus volontiers dans des techniques à la mode (lecteurs de DVD, processeurs haut de gamme, amplifications sophistiquées) que dans ce maillon qu’on considère parfois à tort comme «passif».

Entrons quelques instants dans la compréhension basique de la chose. On définit utilement le son en fonction de la gamme de fréquences reproduites, et, en haute-fidélité, il faut pouvoir parvenir à rendre les fréquences allant de 20Hz à 20.000Hz. Comme il est impossible (sauf à prix exorbitants !) de trouver HP capable de tout reproduire à lui seul, on a recours à des haut-parleurs spécialisés.
Par exemple et grosso modo, on peut décomposer un son en aiguës, moyennes et basses fréquences. On peut alors choisir un haut-parleur spécialisé (woofer) pour les basses, un « medium » pour les fréquences moyennes et un « tweeter » pour les hautes fréquences. On appelle cela un «système trois voies». Chacune des « voies » peut comprendre plusieurs haut-parleurs, du même type, bien sûr.

Voies… et réponses

Ainsi, toujours dans notre exemple de trois voies, la bande allant de 20 à 150Hz sera prise en charge par le woofer, celle allant de 150 à 4000Hz par le medium alors que le tweeter s’occupera du restant. Il est à noter (et c’est important pour le « velouté » sonore) qu’il y aura un léger recouvrement des fréquences reproduites par les différents haut-parleurs spécialisés).
L’enceinte reçoit le signal émanant de l’amplificateur et c’est un filtre (qui se trouve à l’intérieur de l’enceinte derrière les prises) qui dispatche les fréquences aux différents types de haut-parleurs.
Notons bien ici qu’il n’est pas utile de multiplier les voies. On pourrait théoriquement imaginer en effet un système à six ou sept voies, renfermant des H-P spécialisés dans des bandes de fréquences plus étroites et ainsi parvenir à une meilleure fidélité. Il n’en est rien car multiplier les voies multiplie du même coup les problèmes liés au temps de démarrage des haut-parleurs et moins il y a de haut-parleurs différents (donc de voies), plus il est facile d’avoir une mise en phase correcte et une réponse courte. C’est la raison pour laquelle on trouve surtout sur le marché des enceintes deux et trois voies comprenant d’ailleurs de deux à quatre haut-parleurs.

Enceinte trouée

La puissance nécessaire pour «activer» ces haut-parleurs est extrêmement différente: le tweeter se contentera de fort peu de puissance, le medium de davantage, mais le gros de l’énergie devra se focaliser sur le woofer. En effet, pour générer de bonnes basses, il faut une grande membrane de haut-parleur et il faut une grande excursion de cette membrane (elle doit beaucoup « bouger ». A l’inverse du tweeter, alors que le medium se trouve à mi-chemin. De la même manière, le volume de l’enceinte dévolue aux graves doit être important (il faut que la membrane «comprime» et effectue des «dépressions») et ceci entraîne des conséquences esthétiques délicates. Imaginez introduire un HP de 38cm de diamètre dans une enceinte «close» (c’est le nom de ce type d’enceinte) de 50×50×100 cm… On a alors imaginé, pour réduire la taille de l’enceinte et obtenir des résultats analogues, « trouer » l’enceinte par un évent, ce qui compense le fameux phénomène de «dépression-compression». On a alors affaire à une enceinte que l’on nomme «bass-reflex».

Gare à l’aspirateur en maraude

Une autre caractéristique de l’enceinte c’est son rendement, sa «consommation» si vous voulez un exemple parlant. On la mesure facilement: il s’agit du volume sonore qu’elle délivre à un mètre de distance. L’unité de mesure est le décibel ou dB. Une caractéristique physiologique importante du décibel c’est que l’intensité du son double tous les 3 dB. Le rendement d’une enceinte couvre la fourchette allant de 83 (petites) à 105 dB (enceintes haut rendement). En clair donc et contrairement à ce qu’on pense souvent, il faut plus de puissance pour la même sensation sonore avec une petite enceinte. L’ampli doit donc être taillé en conséquence. Une comparaison qui en dit long? Une petite enceinte au rendement de 84 dB exigera un ampli de plus de 60 watts pour donner l’impression sonore d’une grande enceinte bénéficiant de 96 dB en rendement et «attaquée» par un ampli d’environ 8 watts.
La connectique joue aussi un rôle essentiel. Il faut que les câbles soient bien arrimés et qu’un aspirateur en maraude ne vienne pas les décrocher par hasard. De nombreux puristes estiment que les tout gros câbles sont extrêmement bénéfiques surtout en ces temps de «wireless» où tout interfère avec tout… A vous de voir, il y en a de fort jolis (et coûteux) sur le marché.
Emportez vos disques et vos oreilles!

Mais assez de technique, une enceinte c’est un instrument de musique, d’abord et avant tout. Et, dans la foulée, sans qu’il ait la prétention d’être un Stradivarius, il est clair que sa qualité dépendra aussi de son ébénisterie. Elle est pourtant rarement massive, et la … sciure est fréquemment utilisée, mélangée à la résine. Tous les autres ingrédients (plastique, carbone, carton, pierre, verre, aluminium ou acier) sont dosés plus ou moins «subtilement» par le constructeur pour parvenir à la meilleure sonorité.

Instrument de musique, il faut l’apprécier «en situation», tant il est vrai que le type d’intérieur déterminera grandement les résultats. Normal… une pièce vide ne «sonne» pas comme un salon douillet…
De plus, vos contraintes vous conduiront à rechercher des petites enceintes ou des ensembles plus «desig » même s’ils sont inférieurs musicalement. Quoi qu’il en soit, l’enceinte se destine aux oreilles, donc utilisez vos oreilles pour les évaluer! Et, si possible, emportez vos disques avec vous : vous les connaissez bien et vous pourrez ainsi juger des différences.

Déliez votre bourse!

Une fois à la maison avec vos enceintes, veillez à ce qu’aucun mouvement parasite ne vienne les gêner: une enceinte doit être fort stable, même si elle est accrochée au mur. Si vous avez jeté votre dévolu sur des petites enceintes, mariez-les avec un ampli plus performant et plus puissant, vous ne le regretterez pas.
S’il s’agit d’une installation home cinema, prenez soin de choisir une enceinte centrale bien blindée, surtout si vous la placez sous la TV.
Jouez parcimonieusement sur les réglages des basses et des aiguës. Pour un bien, il faut simplement «compenser» pour s’adapter à l’acoustique du local d’écoute… et autrement tout régler sur «flat», c’est-à-dire sans aucune correction. Les amplificateurs haut de gamme peuvent d’ailleurs jouer le jeu pour respecter au mieux le signal originel. N’hésitez donc pas à vous inscrire à contre-courant de la mode où les égaliseurs font la loi.
N’oubliez surtout pas une vérité essentielle: en matière d’enceintes, l’investissement est hautement durable. Une enceinte de vingt ans peut encore délivrer des performances excellentes! Beaucoup de mélomanes estiment d’ailleurs que, comme le bon vin, elles bonifient avec l’âge! En conséquence, n’hésitez pas à davantage délier votre bourse: on est loin de la fureur versatile que l’on peut connaître dans les autres domaines de l’électronique de loisirs!

On va donc placer les frontales de part et d’autre du téléviseur, forcément le long de deux murs différents, à même distance et orientées vers le divan. Le central reste toujours sous le téléviseur, dans le même axe que l’écran. Le caisson de grave, toujours entre les frontales mais le plus loin possible de nos oreilles. S’il y a de la place à l’arrière du divan on peu placer des enceintes surround. Si ce n’est pas possible, on prendra des bipolaires comme dans les cas précédents.

En fait, mis à part les puristes qui savent exactement ce qu’il est possible d’obtenir comme meilleur résultat, chacun se doit de ne pas être satisfait de son premier montage et de prendre de temps en temps quelques minutes pour faire des essais de modification. Un déplacement de quelques centimètres, une modification d’orientation légère peuvent améliorer… ou diminuer la qualité de votre cinéma familial.